COMMEMORATION DE L’APPEL DU 18 JUIN 1940

Le 80ème anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940 a été célébré au consulat général de France à Casablanca, devant le monument aux morts, dans les jardins.

Lors de cette cérémonie, M. Serge Mucetti, Consul général de France, a prononcé un discours avant la diffusion du message du général de Gaulle, suivie d’un dépôt de gerbes en forme de Croix de Lorraine par le Consul général, et M. Gilles d’Agescy, Vice-président du conseil consulaire, précédant une minute de silence et le Chant des Partisans.

Participaient également à cette cérémonie, M. Claude Thoinet, proviseur du lycée Lyautey, Mme Muriel Baggio, directrice de l’Office des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), M. Martin Chenot, directeur délégué de l’Institut français et le Capitaine de frégate Jérôme Delesse.

« Il y a 80 ans aujourd’hui, le 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC retentit une voix. Celle d’un général de brigade à titre temporaire, éphémère sous-secrétaire d’Etat à la défense nationale, inconnu de la plupart de ceux qui, ce soir-là, écoutent la radio de Londres.

Cette voix, au timbre particulier, vitupère ceux qui, préférant renoncer à se battre, viennent de signer un armistice déshonorant.
Cette voix flétrit la résignation, condamne l’abattement.
Cette voix appelle à l’énergie et au courage.
Cette voix exhorte à défendre la Patrie.
Cette voix dit NON.

Rebelle, celui qui s’exprime l’est assurément. Condamné à mort, ses biens confisqués, ignorant où se trouve sa famille, n’ayant pu accompagner, dans ses derniers instants, sa mère morte quelques heures plus tôt, refusant l’abattement, il s’élève contre l’ennemi.
Fragile, discutable et contestée, sa légitimité devra être construite et confortée, jour après jour, tant auprès des britanniques et des Alliés, notamment américains, qu’auprès des forces intérieures. Mais elle s’imposera et sera confirmée de façon éclatante par le peuple de Paris libéré.
La conviction de De Gaulle appuie sur les deux fondamentaux qui guideront toute son action : les réalités et l’espoir. Dans la guerre mondiale qui s’annonce, la France n’est pas seule. Elle a des Alliés puissants et dispose, hors d’Europe, des ressources nécessaires pour soutenir le combat.
Pour l’heure, il est seul, bien seul. Son appel n’est entendu que par une poignée d’hommes intrépides ou inconscients qui, bien peu au départ, auront le courage de le rejoindre. Mais cette poignée incarnera la France libre et combattante jusqu’à la Victoire.
Le 18 juin 1940 est un acte fondateur pour la France et pour la République. Il reste une date extraordinairement marquante de notre histoire contemporaine. Il illustre aussi l’esprit français dans toute son essence pour qui rien de ce qui est impossible n’est irréalisable.
Il témoigne aussi d’une exceptionnelle force de caractère, celle que le colonel de Gaulle décrivait en 1932 dans le Fil de l’épée :

« Face à l’événement, c’est à soi-même que recourt l’homme de caractère. Son mouvement est d’imposer à l’action sa marque, de la prendre à son compte, d’en faire son affaire. Et loin de s’abriter sous la hiérarchie, de se cacher dans les textes, de se couvrir des comptes rendus, le voilà qui se dresse, se campe et fait front. Non qu’il veuille ignorer les ordres ou négliger les conseils, mais il a la passion de vouloir, la jalousie de décider.
(…) Que les événements deviennent graves, le péril pressant, que le salut commun exige tout à coup l’initiative, le goût du risque, la solidité, aussitôt change la perspective et la justice se fait jour. Une sorte de lame de fond pousse au premier plan l’homme de caractère. »

En ce 18 juin 1940, de Gaulle prend sur ses épaules le poids de la France éternelle. Il lance un des paris les plus audacieux, les plus risqué aussi de son histoire, dont le succès a pourtant transformé le destin de son auteur, le propulsant sur les cimes des grandes figures de notre pays, car cinq ans plus tard c’est la Victoire.

Sur la tribune dressée sur la place de la Concorde, le 18 juin 1945, pour le grand défilé de la Victoire, au côté du chevalier félon devenu prince victorieux, se tient la silhouette blanche de SM Mohammed V, compagnon de la Libération, lui-même auteur d’un autre appel célèbre. Le Sultan incarne le soutien du Maroc, mais aussi de toute l’Afrique dans les combats contre la barbarie nazie. La figure des deux compagnons de la Libération restera sur la façade du consulat général jusqu’au 9 novembre prochain.

Il n’existe aucun enregistrement de l’appel du 18 juin. Je vous invite cependant à écouter la voix du général de Gaulle dans le message qu’il prononce le 22 juin 1940 dans les mêmes conditions, qui lui a été conservé.

Ensuite, immédiatement après un hommage que nous rendrons à tous les artisans de la Victoire, nous en entendrons le Chant des Partisans, l’hymne de la Résistance, l’hymne de ces soldats de l’ombre qui ont lutté, beaucoup jusqu’au sacrifice suprême au poteau d’exécution, sous la torture ou déportés, pour que la France vive libre, dans l’honneur et dans l’indépendance. »

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Dernière modification : 24/06/2020

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