Cérémonie du 11 novembre à Fès

Discours de son excellence Mme Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc

Monsieur le Wali, Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Commandant délégué de la place d’armes,
Messieurs les Ambassadeurs,
Madame la Consule générale,
Messieurs les officiers et anciens combattants,
Mesdames et Messieurs,

C’était il y a plus d’un siècle, cent deux ans exactement, depuis ce jour du 11 novembre 1918, premier jour de la paix retrouvée. Une nouvelle page s’ouvrait, celle du souvenir, de la mémoire et de l’hommage à tous les combattants.

Aujourd’hui plus de cent ans après, nous ne pouvons, nous ne devons pas oublier l’immense soupir de soulagement qui a traversé l’Europe et, probablement le monde entier.

Chaque année, nous nous réunissons tous ensemble pour rappeler que la connaissance des tragédies du passé doit nous inviter à construire un avenir serein et apaisé.

Or, les grandes incertitudes du monde d’aujourd’hui nous rappellent que la paix reste fragile. C’est la raison qui conduit hélas encore nos nations à engager la vie de leurs soldats sur de nombreux théâtres d’opérations toujours au service de la lutte contre la barbarie.

Cette paix dont l’Europe jouit aujourd’hui, nous la devons en effet à celles et ceux qui se sont sacrifiés pour défendre notre liberté et qui ont toujours gardé l’espoir car ils croyaient avec raison que les valeurs universelles d’humanité pourraient un jour nous rassembler tous.

La reconnaissance, nous la devons notamment à ceux qui ont quitté leur terre natale, qui sont venus d’Afrique et qui sont tombés au champ d’honneur sur tous les fronts, d’Orient et d’Occident. Ces milliers d’hommes aux parcours si divers se sont unis dans une fraternité d’armes, partageant un même idéal et un même courage : abnégation, bravoure, panache. Ils sont des milliers à s’être sacrifiés pour défendre une terre lointaine et souvent inconnue à laquelle ils ont à jamais mêlé leur sang.

Je pense plus particulièrement à ces tirailleurs, goumiers, tabors, zouaves et spahis marocains, autant de soldats originaires du Maghreb, d’Afrique occidentale et équatoriale dont l’engagement à nos côtés illustre si bien ce que représente la fraternité d’armes.

« La France a une part d’Afrique en elle » rappelait le Président Emmanuel MACRON, lors de la commémoration du débarquement de 1944 en Provence. Cette part c’est aussi celle du sang versé. Par leur sacrifice, ces hommes ont noué entre notre pays et le continent africain, un lien de sang que rien ne saurait dénouer.

Morts pour la France et pour notre idéal, ces combattants méritent la reconnaissance pleine et entière de la Nation. C’est la raison pour laquelle, un appel a été lancé à tous les maires de notre pays afin de faire sortir de l’obscurité le souvenir de ces soldats, faisant que des rues, des places et des écoles soient baptisées du nom de combattants africains, afin que ces soldats méconnus ne demeurent pas des soldats inconnus.

Alors que nous commémorons, cette année, en 2020, le 80° anniversaire de la bataille de France, cette célébration nous rappelle encore les spahis, les tirailleurs et les nombreux soldats issus d’Afrique subsaharienne, qui ont livré bataille en Belgique, sur la Meuse, sur la Somme ou, encore dans le Rhône.

Aujourd’hui, dans ce cimetière européen de Fès, où sont enterrés 2068 soldats dont près de la moitié sont africains, majoritairement issus du 6° régiment des tirailleurs sénégalais (RTS), nous rendons un hommage particulier à tous ceux qui ont traversé les océans pour défendre notre liberté. Ils étaient 500 000 pour chacun des 2 conflits mondiaux.

Afin d’être dignes de ceux qui ont payé ce si lourd tribut et, pour que leur sacrifice soit pérenne, il faut aussi et surtout ne pas oublier que la préservation de la liberté et de la paix, ces notions certes si belles mais tellement fragiles, nous imposent de rester forts, unis contre l’obscurantisme, l’ignorance et l’oubli.

En tant que représentante de la France, j’ai donc aujourd’hui une pensée particulière pour nos 50 soldats tombés depuis 2013 en terre africaine, au Sahel, dont 7 en 2020, mais je n’oublie pas les cohortes trop nombreuses des soldats africains qui continuent de tomber aujourd’hui dans des combats justes contre la barbarie.

Dépôt de gerbe devant le monument aux morts du cimetière européen de Fès, par son excellence Mme Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc, M. Essaid Zniber, Wali de la région Fès-Meknès et le Colonel Major M. Samir LAARABI, Commande de région de la gendarmerie royale
Recontre avec 2 anciens combattants
Minute de silence

Dernière modification : 19/11/2020

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