Cérémonie du 11 novembre à Meknès

Cérémonie de commémoration du 11 novembre 1918, à Meknès, en présence de son excellence Mme Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc, des autorités marocaines civiles et militaires, des Ambassadeurs d’Allemagne, de Belgique, du Portugal et du Royaume Uni ainsi que des représentants des Ambassades des Etats-Unis, des Indes, du Japon et de la Russie.

Discours de son excellence Mme Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc

Monsieur le Wali, Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Général de Division commandant l’Académie Royale Militaire,
Monsieur le Commandant de la place d’armes,
Messieurs les Ambassadeurs,
Madame la Consule générale,
Messieurs les officiers et anciens combattants,
Mesdames et Messieurs,

Plus de cent ans ont passé, cent deux exactement, depuis ce 11 novembre 1918, quand l’armistice mettait fin aux combats fratricides de la Première Guerre mondiale.
Ce jour-là, un grand soupir de soulagement a traversé l’Europe et probablement le monde entier. Désormais, le silence règne sur ces innombrables anciens champs de batailles, théâtres de ces longs cortèges de morts, de mutilés, de blessés et de traumatisés.

Aujourd’hui, nous ne pouvons, nous ne devons pas oublier cette terrible réalité, d’une part au titre de la reconnaissance des sacrifices effectués et, d’autre part parce que les grandes incertitudes du monde d’aujourd’hui conduisent encore nos nations à engager la vie de leurs soldats sur de nombreux théâtres d’opérations toujours au service de la lutte contre la barbarie.

Cette paix dont nous jouissons aujourd’hui sur nos sols nationaux, nous la devons en effet à celles et ceux qui n’ont pas eu peur d’aller au bout de leur engagement, qui se sont sacrifiés pour défendre la liberté et qui ont toujours gardé l’espoir car ils croyaient avec raison que les valeurs universelles d’humanité pourraient un jour nous rassembler tous.

Cette reconnaissance, nous la devons également à ceux qui ont quitté leur terre natale et qui sont venus d’Afrique, du Pacifique et d’Amérique et qui sont tombés au champ d’honneur sur tous les fronts, d’Orient et d’Occident. Ces milliers d’hommes aux parcours si divers, mais unis dans une fraternité d’armes, partageaient un même idéal et un même courage : abnégation, bravoure, panache. Ils sont des milliers à s’être sacrifiés pour défendre une terre lointaine, souvent inconnue à laquelle ils ont à jamais mêlé leur sang.

Afin d’être dignes de ceux qui ont payé ce si lourd tribut pour que leur sacrifice ne soit pas un jour vain, il faut aussi et surtout ne pas oublier que la préservation de la liberté et de la paix, ces notions certes si belles mais tellement fragiles, nous imposent de rester forts, unis contre l’obscurantisme, l’ignorance et l’oubli.

Alors que nous célébrons cette année le centenaire de l’arrivée du soldat inconnu à Paris sous l’Arc de Triomphe, perpétuant le souvenir de tous ces morts dont la dépouille n’a pu être identifiée, nous sommes ici rassemblés aujourd’hui devant ce monument dédié aux combattants de la Grande Guerre. Érigé sur la place d’armes de Meknès, après la guerre, en souvenir du 1erconflit mondial auquel participèrent des Français d’Afrique du Nord et des milliers de soldats marocains, il fut déplacé en 1956 sur le site de l’Institut français de Meknès, à l’arrière du terrain. Sur le point de tomber dans l’oubli, alors que le devoir de mémoire nous oblige aujourd’hui autant que dans le passé, il a rejoint en juillet 2020, le carré militaire de Meknès. Cette action a été possible grâce à l’action déterminante de M. ANTHOMÉ, président de l’association « de l’Union pour la sauvegarde des cimetières de Meknès et de Fès ». Sa détermination et son engagement ont abouti avec succès au transfert, pierre par pierre, de ce monument. Il a été soutenu dans sa mission par Mme DOS SANTOS, directrice de l’Institut français de Meknès, que je remercie pour son implication dans ce projet, ainsi que par le ministère français des Armées, à travers l’Office national des anciens combattants (ONAC) du Maroc en a suivi le chantier qui a duré près de deux mois. Ce transfert a été financé intégralement par les familles françaises de Meknès, en guise de reconnaissance à ces héros, français et marocains. Qu’ils en soient tous remerciés car ce monument aux morts a ainsi retrouvé sa noble et double vocation de souvenir des drames du passé au service de la préservation de notre avenir.

En me recueillant devant cet imposant monument - que les Meknessis appelaient « Madame Koumira » - je vois défiler tant de vies, tant de destinées. Chacun a sa propre histoire, une histoire d’engagement, de dignité, d’honneur, chacune s’étant achevée sur ce sacrifice suprême.

Par le don de votre vie, vous avez été – et à quel prix ! – fidèles aux exigences exorbitantes de l’Etat militaire, l’esprit de sacrifice pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême. Aujourd’hui, dans ce carré militaire, nous gravons à nouveau votre souvenir dans notre mémoire commune. Ce monument, ce mémorial est aujourd’hui celui de tous et, tous les visiteurs pourront s’y recueillir.

En tant que représentante de la France, j’ai aujourd’hui une pensée particulière pour les 7 militaires français morts en opérations pour la France en 2020 sans oublier ceux des pays alliés et amis dont les engagements les conduisent à livrer les mêmes combats.

Je m’adresse maintenant à notre chère jeunesse, hélas trop faiblement représentée aujourd’hui pour les raisons évidentes liées à la pandémie que chacun comprendra : votre participation aujourd’hui vous honore mais elle vous engage.

Si vous êtes les héritiers naturels de cette histoire, vous en êtes surtout les émissaires. Vous devez la porter, en réaliser les promesses et en mesurer la dette. C’est en ne cédant rien de ce que nos aïeux ont conquis que nous serons dignes de leur combat. C’est en n’oubliant rien des sacrifices qu’ils ont consentis pour que triomphent nos valeurs que nous les transmettrons à notre tour aux générations futures.

Je vous remercie.

Exposition à l'Institut français en présence d'un ancien combattant
Remise de décoration par son excellence Mme Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc
Minute de silence

Dernière modification : 19/11/2020

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